Le gouvernement indien fait marche arrière sur sa politique d'expulsion des tribus au nom de la conservation

Enfants de la tribu bihor, Etat du Jharkhand. LInde compte 84 millions dautochtones.
Enfants de la tribu bihor, Etat du Jharkhand. LInde compte 84 millions dautochtones.

© Survival

Le gouvernement indien a abandonné sa politique controversée d’expulsion des populations tribales des zones riches en espèces sauvages pour les transformer en parcs nationaux.

En vertu des nouvelles dispositions, les populations tribales ne pourront être expulsées qu’avec leur consentement libre, préalable et éclairé. Survival International a expressément demandé au ministère de l’Environnement et des Forêts d’appliquer les mêmes règles aux réserves de tigres qui sont exclues de cette nouvelle politique.

La politique d’expulsion ayant suscité une vive critique parce qu’elle ‘conduirait inévitablement à des violations des droits de l’homme et [à] des mouvements [de populations tribales] plus importants’ a dû être suspendue à la hâte. (Pdf, 82 Ko)

Les tensions avaient en effet augmenté entre les partisans des droits des 84 millions d’autochtones qui vivent en Inde et ceux qui cherchent à évincer les populations des réserves naturelles.

La politique d’expulsion visait à exclure les populations tribales des ‘habitats fauniques essentiels’. Environ 100 000 autochtones sont déjà devenus des réfugiés de la conservation après leur expulsion de zones protégées en Inde. Ces réfugiés ont perdu l’accès aux terres et aux ressources dont ils dépendent depuis des générations, dont de nombreux sites sacrés et lieux de sépulture, entraînant des effets catastrophiques sur leur santé mentale et physique.

Le nouveau projet de politique gouvernementale reconnaît que la coexistence entre les gens et la faune est possible dans certains cas (mais pas dans tous), et que là où elle l’est, les communautés forestières devraient être impliquées dans la gestion des parcs naturels.

Stephen Corry, directeur de Survival, a déclaré aujourd’hui : ‘La grande majorité des zones de conservation du monde abrite des peuples indigènes. Ce n’est pas un hasard. Il est inconcevable de penser que la meilleure façon de préserver la faune est d’expulser les gens qui l’ont protégée pendant tant d’années. Le gouvernement indien semble enfin commencer à comprendre cela’.