Des organisations autochtones d’Amérique latine ont condamné l’appel des anthropologues nord-américains Kim Hill et Robert S. Walker à forcer le contact avec les peuples isolés extrêmement vulnérables, une proposition qu’elles ont qualifié de ‘dangereuse et illégale’.

Nous, organisations signataires, condamnons fermement la proposition des anthropologues nord-américains Robert Walker et Kim Hill à forcer le contact avec les peuples isolés.

Cette proposition est à la fois dangereuse et illégale et elle remet en cause les droits pour lesquels les peuples autochtones ont ardemment lutté.

Les anthropologues affirment que les peuples isolés ne sont pas viables, mais ce mythe dangereux jouera en faveur de ceux qui souhaitent envahir et exploiter les territoires ancestraux des peuples autochtones.

Les véritables menaces qui pèsent sur l’avenir des peuples isolés sont la violence génocidaire, l’invasion de leurs terres, la spoliation de leurs ressources naturelles et les comportements racistes dominants.

Walker et Hill prétendent que si les peuples isolés savaient qu’entrer en contact avec notre société ne les mènerait pas “au massacre et à l’asservissement” elles ne choisiraient pas l’isolement. Pourtant, partout dans le monde, les peuples autochtones sont aujourd’hui soumis à la violence, l’esclavage et aux expulsions tandis qu’augmente la destruction de leurs terres et de leurs modes de vie. Ils ont le droit de décider par eux-même s’ils souhaitent entrer en contact ou non.

Le droit international garantit aux peuples autochtones le droit de posséder des titres de propriété collective sur leurs terres. Si ce droit est respecté et que les frontières de leurs terres sont protégées contre toute intrusion – y compris celle de missionnaires, de bûcherons et d’orpailleurs clandestins, de braconniers et de chercheurs – il n’y a aucune raison pour laquelle les peuples isolés ne pourraient pas continuer à prospérer, aujourd’hui et dans l’avenir.

Nous appelons Robert Walker et Kill Hill à revenir sur leur déclaration et à soutenir au contraire le droit des peuples autochtones à demeurer sur leurs territoires sans que des étrangers s’y introduisent.

Aty Guasu (Association guarani) – Brésil
COIAB (Coordination des organisations indigènes de l’Amazonie brésilienne) – Brésil
OPIT (Organisation ayoreo-totobiegosode) – Paraguay
FENAP (Organisation aché) – Paraguay
FEPAHC (Federação do Povo Huni kui do Acre) – Brésil
OPIARA (Organização dos Povos Indígenas do Acre, Noroeste de Rondônia e Sul do Amazonas) – Brésil
AHHBN (Associação Huni kui da Terra Indígena Henê Bariá Namaki) – Brésil
ORPIO (Organisation péruvienne de l’est de l’Amazonie) – Pérou
Associação União das Aldeias Apinajé-Pempxà – Brésil
Hutukara (Organisation yanomami) – Brésil

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