'Nous sommes prêts à mourir pour nos terres' déclarent des Indiens guarani à Brasilia

40 Indiens guarani ont parcouru plus de 1 000 km pour persuader les autorités de démarquer leur territoire ancestral.

40 Indiens guarani ont parcouru plus de 1 000 km pour persuader les autorités de démarquer leur territoire ancestral.

© CIMI

40 leaders indiens guarani ont parcouru plus de 1 000 km pour se rendre dans la capitale brésilienne afin de persuader les autorités de démarquer leur territoire ancestral avant que d’autres membres de leur groupe ne soient assassinés.

La délégation a exprimé sa consternation face à une décision récente de la Haute Cour qui, si elle était confirmée, serait un énorme recul pour la campagne de revendication territoriale de la communauté dont le leader de renommée mondiale, Ambrósio Vilhalva, a été assassiné l’année dernière.

En réponse à l’inertie gouvernementale, dont l’obligation légale est de démarquer les terres guarani, les leaders ont déclaré : ‘Nous ne pouvons plus attendre les promesses du gouvernement… Nous résisterons et sommes prêts à mourir pour nos terres’.

Cette résistance se traduit par la réoccupation des terres, laquelle engendre souvent de la violence, mais les Guarani considèrent que c’est le seul moyen de récupérer leur territoire. La communauté Kurussú Mba a été attaquée par des hommes de mains armés à trois reprises depuis que ses membres ont réoccupé une partie de leur territoire le mois dernier. Les Indiens attendent désormais une décision de justice et risquent une expulsion imminente.

Le leader guarani, Ambrósio Vilhalva, a été assassiné lannée dernière.

Le leader guarani, Ambrósio Vilhalva, a été assassiné lannée dernière.

© Fiona Watson/Survival

Des milliers de Guarani vivent, au centre-ouest du Brésil, dans des réserves surpeuplées et dans des campements en bordure de routes dangereuses où ils sont attaqués, tués et victimes de malnutrition. Ils détiennent l’un des taux de suicide les plus élevés au monde.

Pendant ce temps, des éleveurs tirent d’énormes profits de la canne à sucre, du soja et du bétail dans leurs ranchs qui occupent le territoire ancestral des Guarani et lancent fréquemment contre eux leurs hommes de main armés.

Le leader guarani, Eliseu Lopes, a effectué son premier voyage en Europe le mois dernier afin de recueillir un soutien international pour son peuple. Il a déclaré à Survival Italie : ‘Pour nous, la terre est la vie, elle est tout, mais elle a été entièrement détruite… puisque le gouvernement ne démarque pas nos terres, nous prenons les choses en main.’

Lisez la déclaration récente des Guarani et la lettre de la communauté Kurussú Mba et soutenez la campagne de Survival en faveur des Guarani.