Terry Turner

C’est avec une profonde tristesse que Survival annonce la disparition de Terence Turner, professeur d’anthropologie et président de Survival International (USA).

C’est avec une profonde tristesse que Survival annonce la disparition de Terence Turner, professeur d’anthropologie et président de Survival International (USA).

© anon

Terence Turner, professeur d’anthropologie et président de Survival International (USA), s’est éteint le 7 novembre.

C’est avec une profonde tristesse que Survival annonce la disparition de Terence Turner, professeur émérite d’anthropologie à l’Université de Chicago, professeur invité à Cornell University et président de Survival International (USA).

Terry a passé sa vie d’universitaire à enseigner et à écrire livres et articles, mais ses activités et ses centres d’intérêt ont largement dépassé le cadre académique.

Son dévouement inlassable et son engagement pour les Indiens du Brésil, en particulier les Kayapó chez lesquels il a réalisé une étude de terrain dans les années 1960, ont fait de lui un homme respecté de tous.

Il a déclaré un jour que son engagement militant impliquait la lutte des classes, mais il a pu constater que les classes sociales n’existaient pas chez les Kayapó, qui ne luttaient que contre l’exploitation.

Il leur a régulièrement rendu visite et les a constamment soutenus dans leur opposition aux politiques gouvernementales et à des projets comme le barrage controversé de Belo Monte, actuellement en construction sur le fleuve Xingu.

Terry Turner rendait régulièrement visite aux Indiens kayapó et les a soutenus dans leur lutte territoriale.

Terry Turner rendait régulièrement visite aux Indiens kayapó et les a soutenus dans leur lutte territoriale.

© Terence Turner/Survival

Il a été l’interprète des Kayapó durant leurs voyages à Brasilia, en Europe et aux Etats-Unis pour faire valoir leur cause.

Dans les années 1980 il a été consultant en anthropologie sur des films que la BBC et la chaine Granada Television réalisaient sur les Kayapó. En 1990, il a mis en place un projet de création vidéo, formant les Kayapó aux techniques cinématographiques. Ils ont ainsi pu réaliser plusieurs documentaires sur leurs rituels, leurs cérémonies et des manifestations et des débats au Congrès brésilien sur la question de leurs droits.

Pendant des années les Kayapó ont lutté pour la reconnaissance de l’un de leur territoire ancestral. Terry les a soutenu sans relâche et a mené l’enquête anthropologique qui a permis qu’il soit officiellement reconnu par le gouvernement brésilien.

Son action pour que la question de l’éthique et des droits de l’homme dans le travail de terrain soit abordée par l’Association américaine d’anthropologie a été fondamentale. Il s’est souvent heurté à une forte opposition. Il a dénoncé haut et fort les conséquences dévastatrices de l’invasion des territoires yanomami par les orpailleurs et a témoigné devant le Congrès américain sur la destruction des forêts awá et ka’apor au Brésil.

Il a été l’un des premiers détracteurs du saccage des ressources de la forêt amazonienne et a écrit une virulente critique sur le projet controversé de la chaîne britannique de cosmétiques Body Shop de commercialiser un shampoing fabriqué à partir d’huile de noix du Brésil collectées par les Kayapó.

Les Kayapó ont rendu un hommage poignant à Wakampu, nom qu’ils lui avaient donné, un ‘grand guerrier qui nous a tant appris et qui s’est tant battu pour nous les Kayapó… nous avons eu de la chance de t’avoir comme ami dévoué… Nous nous souviendrons tous du respect et de l’amour que tu as eu pour les Kayapó… Merci d’avoir partagé avec nous le livre de ta vie’.

Nous tous à Survival remercions Terry pour toutes ces années de sages conseils, pour son humour et son amitié et pour le soutien indéfectible dont il a fait preuve tout au long de sa vie pour les peuples indigènes.