Bolsonaro, grand gagnant du prix du Raciste de l'année 2019

La délégation de l’APIB remet le prix du Raciste de lannée, décerné au président Bolsonaro par Survival International, à lambassade du Brésil à Londres.

La délégation de l’APIB remet le prix du Raciste de lannée, décerné au président Bolsonaro par Survival International, à lambassade du Brésil à Londres.

© Rosa Gauditano/ Survival International

Le président Bolsonaro remporte le prix du Raciste de l’année de Survival International

Dix leaders autochtones, originaires de diverses régions du Brésil, ont pris part à une grande manifestation devant l’ambassade du Brésil à Londres le jeudi 14 novembre pour exiger la fin de la destruction de leurs terres et de leurs peuples.

Photos à télécharger en bas de cette page.

Lors de la manifestation, les leaders ont remis à l’ambassade le prix du Raciste de l’année, remporté cette fois-ci par le président Bolsonaro pour ses déclarations ouvertement racistes à l’égard des autochtones et ses attaques génocidaires contre leurs droits.

La tournée « Sang autochtone : pas une seule goutte de plus »
Les leaders autochtones sont à Londres dans le cadre de la tournée de plaidoyer Indigenous Blood : Not a Single Drop More organisée par l’APIB, l’association des peuples autochtones du Brésil. Ils appellent les Européens à boycotter l’industrie agroalimentaire brésilienne jusqu’à ce que leurs droits soient respectés.

Le mardi 12 novembre, lors de leur visite à Paris, ils avaient d’ailleurs remis une lettre à la banque BNP Paribas, pour qu’elle cesse de financer des projets de l’industrie agroalimentaire en Amazonie portant atteinte aux droits des peuples autochtones.

Manifestation de la délégation de l’APIB à Paris

Manifestation de la délégation de l’APIB à Paris
© Survival International

Plus tard dans la soirée, lors d’une conférence publique à la Salle Jean Dame à Paris, ils ont fait appel à la solidarité de la société civile française, notamment pour une consommation consciente et pour faire pression sur les gouvernements afin d’empêcher la conclusion d’accords qui pourraient menacer davantage leurs vies.

Conférence de l’APIB à la salle Jean Dame à Paris

Conférence de l’APIB à la salle Jean Dame à Paris
© Survival International

Depuis plusieurs semaines, la délégation de l’APIB parcourt l’Europe pour dénoncer l’augmentation des violations des droits des peuples autochtones et les attaques contre leurs territoires depuis l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro.

Ces dernières semaines, les attaques contre les peuples autochtones se sont intensifiées. Le Gardien de l’Amazonie Paulo Paulino Guajajara, du peuple guajajara, a été assassiné dans une embuscade tendue par au moins cinq bûcherons clandestins armés dans le territoire autochtone d’Araribóia dans l’est de l’Amazonie le vendredi 1er novembre. Le 31 octobre à l’aube, le poste de surveillance de la FUNAI pour les peuples non contactés de la vallée du Javari, située dans la partie ouest de l’Amazonie, a été attaqué par des hommes armés.

Celia Xakriaba s’exprime lors de la manifestation de l’APIB et de Survival devant l’ambassade du Brésil à Londres.

Celia Xakriaba s’exprime lors de la manifestation de l’APIB et de Survival devant l’ambassade du Brésil à Londres.

© Rosa Gauditano/ Survival International

Sonia Guajajara, la coordinatrice exécutive de l’APIB, a déclaré : « Le président Bolsonaro veut détruire les peuples autochtones du Brésil. Son racisme et sa haine encouragent les travailleurs miniers et les bûcherons à envahir nos territoires et à tuer les nôtres. Eh bien, j’ai des nouvelles pour lui : nous aimons nos terres beaucoup plus qu’il ne nous déteste, et nous ne le laisserons jamais nous détruire, ni les forêts que nous avons protégées pendant si longtemps. »

Nara Baré, coordinatrice du COIAB (organisme de coordination des peuples autochtones de l’Amazonie brésilienne), a déclaré : « Ce qui est arrivé à notre proche, Paulino Guajajara, est un exemple clair de ce que nous avons vécu. Nous réaffirmons que c’est notre sang qui est versé pour le soja et le bois qui arrivent en Europe. Nous sommes ici pour dire que chaque importation qui arrive en Europe est marquée de notre sang. Il est temps de dire stop ! Des mesures doivent être prises et la responsabilité en incombe à tous : aux politiques, à la société civile, aux consommateurs et aux entrepreneurs eux-mêmes. »

Le directeur de Survival, Stephen Corry, a dit : « Depuis son arrivée au pouvoir, le président Bolsonaro a lancé une attaque impitoyable contre les droits des peuples autochtones du Brésil, et il est déterminé à ouvrir leurs terres aux grandes entreprises. Ses commentaires ouvertement racistes et son refus d’accepter les droits de ces peuples sur leurs propres terres alimentent la violence contre les autochtones au Brésil. S’il obtient ce qu’il veut, les peuples autochtones seront anéantis. Mais ils ripostent avec énergie, bravoure et détermination, tout comme leurs alliés. Et nous ne reculerons pas. »

Raciste de l’année
Parmi les nombreuses déclarations racistes faites par Jair Bolsonaro figure la suivante : « Quel dommage que la cavalerie brésilienne ne se soit pas montrée aussi efficace que les Américains. Eux, ils ont exterminé leurs Indiens. »

Depuis son arrivée au pouvoir, le président Bolsonaro a tenté de paralyser la FUNAI, le département des affaires autochtones du Brésil. Sa rhétorique raciste a conduit à une augmentation vertigineuse du nombre d’invasions de territoires autochtones, et il tente par tous les moyens de faciliter l’exploitation des ressources au sein de ces territoires par l’industrie agroalimentaire et les industries extractives.

Notes aux rédactions :
1. Survival International est le mouvement mondial pour les peuples autochtones. C’est la seule organisation qui défend les peuples autochtones à travers le monde. Survival les aide à défendre leur vie, à protéger leurs terres et à déterminer leur propre avenir.
2. Parmi les anciens lauréats du prix du Raciste de l’année décerné par Survival figurent l’ancien président du Botswana Ian Khama, ainsi qu’un député brésilien qui a déclaré que l’on devrait laisser mourir de faim les peuples autochtones.

Elizeu Guarani Kaiowá joue d’une flûte autochtone devant l’ambassade du Brésil à Londres.

Elizeu Guarani Kaiowá joue d’une flûte autochtone devant l’ambassade du Brésil à Londres.

© Rosa Gauditano/ Survival International

Elizeu Guarani Kaiowá chante devant l’ambassade du Brésil à Londres.

Elizeu Guarani Kaiowá chante devant l’ambassade du Brésil à Londres.

© Rosa Gauditano/ Survival International

Dinaman Tuxá devant l’ambassade du Brésil à Londres

Dinaman Tuxá devant l’ambassade du Brésil à Londres

© Rosa Gauditano/ Survival International

Sonia Guajajara s’exprime devant l’ambassade du Brésil à Londres.

Sonia Guajajara s’exprime devant l’ambassade du Brésil à Londres.

© Rosa Gauditano/ Survival International

La délégation de l’APIB remet le prix du Raciste de l’année décerné au président Bolsonaro par Survival à l’ambassade du Brésil à Londres.

La délégation de l’APIB remet le prix du Raciste de l’année décerné au président Bolsonaro par Survival à l’ambassade du Brésil à Londres.

© Rosa Gauditano/ Survival International


Kreta Kaingang remet le prix du Raciste de l’année décerné au président Bolsonaro par Survival à l’ambassade du Brésil à Londres.
© Rosa Gauditano/Survival International

Sarah Shenker de Survival International s’exprime devant l’ambassade du Brésil à Londres.

Sarah Shenker de Survival International s’exprime devant l’ambassade du Brésil à Londres.

© Rosa Gauditano/ Survival International

Celia Xakriaba s’exprime devant l’ambassade du Brésil à Londres.

Celia Xakriaba s’exprime devant l’ambassade du Brésil à Londres.

© Rosa Gauditano/ Survival International


Kreta Kaingang devant l’ambassade du Brésil à Londres
© Rosa Gauditano/Survival International