Des Papous arrêtés, torturés et tués par la police

En Papouasie occidentale, la police tue, torture et intimide les Papous en toute impunité. Le 5 décembre dernier, la police a abattu deux femmes et blessé une troisième alors qu'elles manifestaient aux abords d'une mine de la compagnie anglo-américaine Freeport.

Moins de deux semaines avant ces tragiques événements, le Rapporteur spécial des Nations-Unies sur la torture avait assuré détenir des preuves concernant des Papous ayant été électrocutés, systématiquement brutalisés et même blessés par balles dans les jambes à bout portant. Il a également déclaré que la police en était le principal responsable.

Un nombre croissant de rapports fait état de morts "mystérieuses" et "accidentelles", d’enlèvements et de viols de jeunes filles perpétrés par les forces de police et les militaires.

Aucun des représentants indonésiens rencontrés par le Rapporteur spécial n'a pu citer un seul cas dans lequel un officier de police a été reconnu coupable de violation des droits d'un détenu et condamné par un tribunal criminel en dépit du fait que ces pratiques soient répandues et systématiques.

Sabar Iwanggin, avocat et défenseur des droits de l'homme, a été poursuivi pour avoir « insulté le président » dans un sms qu’il avait transféré à un ami. Ce message avait déjà amplement circulé et été diffusé auprès de milliers de Papous. Sabar Iwanggin travaille pour Elsham West Papua, une organisation de droits de l'homme renommée, dont le personnel est régulièrement intimidé et menacé de mort.

Survival est préoccupée par le sort de Sabar Iwanggin qui attend d'être jugé ainsi que par la sécurité de tous ceux qui luttent en faveur des droits des peuples indigènes en Papouasie occidentale.