Les oubliés de Poznan

Enfants makuxi à Uiramutã, Raposa Serra do Sol, Brésil.
Enfants makuxi à Uiramutã, Raposa Serra do Sol, Brésil.
© 1996 Fiona Watson/Survival

Lors de la conférence des Nations-Unies sur le changement climatique de Poznan, les représentants indigènes ont condamné les mesures visant à exclure leurs voix et le refus de reconnaître leurs droits aux forêts dont ils dépendent et qu’ils protègent.

Les Etats-Unis, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada se sont unis pour éliminer toute référence aux droits des peuples indigènes dans l’avant-projet d'un accord préparé pour la conférence. Ces quatre pays avaient refusé de voter en faveur de la Déclaration des Nations-Unies sur les droits des peuples autochtones et aucun d'entre eux n'a ratifié la Convention 169 de l'OIT, seul instrument juridique international contraignant en matière de droits des peuples indigènes.

L'avant-projet de l’Accord de Poznan détermine comment le processus international « REDD » (Reducing Emissions from Deforestation and Degradation) qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre dues à la déforestation, peut être mis en place. Il tenait initialement compte des « droits des peuples indigènes et de l'importance de leur implication », mais ces droits ne sont pas mentionnés dans la version définitive.

Le processus REDD, selon lequel les pays industrialisés subventionnent les pays émergents pour qu’ils préservent leurs forêts, est en train de devenir la pièce maîtresse d'une action globale sur le changement climatique et devrait constituer une grande part des accords destinés à remplacer le protocole de Kyoto en 2012.

Ce processus risque de mettre gravement en péril la vie et la santé des peuples indigènes si leurs droits territoriaux ne ne sont pas reconnus et respectés dès le départ. Les recherches ont démontré que le meilleur moyen de protéger la forêt tropicale est de garantir et protéger les droits des peuples qui y vivent. En Amazonie, les 162 millions d'hectares qui ont été reconnus comme territoires indigènes sont ainsi préservés de la déforestation.

Davi Yanomami, leader et chamane yanomami du Brésil, a déclaré : « La forêt ne peut être achetée; elle est toute notre vie et nous l'avons toujours protégée. Sans la forêt, il n'y a que maladie, et sans nous, elle n'est qu'une terre morte. Rendez-nous nos terres et notre santé avant qu'il ne soit trop tard pour nous, mais également pour vous ».

Les territoires de nombreux peuples indigènes ne sont toujours pas protégés et ceux qui ont été officiellement reconnus sont menacés. Ainsi, les Indiens de Raposa-Serra do Sol viennent de gagner une longue bataille juridique qui les opposait à un puissant groupe de fermiers et de politiciens locaux qui tentaient de remettre en cause la reconnaissance officielle de leur territoire.