100 jours après le conflit de Bagua, la pression monte sur le gouvernement

Protestation à Bagua, Pérou
Protestation à Bagua, Pérou
© Thomas Quirynen and Marijke Deleu

Trois mois après le violent conflit qui a secoué l’Amazonie péruvienne, la pression internationale ne cesse de monter sur le gouvernement péruvien pour qu’il rétablisse le dialogue avec les Indiens.

Survival, Amnesty et les Nations-Unies ont appelé le Pérou à obtenir le consentement préalable des peuples indigènes avant l’approbation de tout projet de prospection pétrolière, gazière ou minière ayant des incidences sur leurs terres. Tant que ce droit ne sera pas garanti, ‘le gouvernement ne devrait plus attribuer de nouvelles concessions de prospection et d'exploitation des ressources naturelles et [devrait] suspendre toutes les concessions en vigueur affectant les droits des peuples indigènes’ peut-on lire dans le rapport d’Amnesty.

Durant les cent jours qui ont suivi le conflit amazonien du 5 juin, le gouvernement n’a pas ouvert d’enquête sur ces événements et n’a pas mis fin aux persécutions à l’encontre des leaders indiens, dont trois ont trouvé asile au Nicaragua. Le gouvernement a également annoncé son projet d’octroyer de nouvelles concessions de prospection pétrolière et gazière couvrant une grande partie de l'Amazonie et a donné le feu vert à la compagnie franco-britannique Perenco, dirigée par François Perrodo, l'une des plus grandes fortunes de France, pour exploiter le pétrole sur un territoire habité par deux des dernières tribus isolées du monde.

Tout cela en dépit du fait que le président Garcia a publiquement reconnu que son gouvernement avait négligé de consulter les Indiens sur les projets de prospection minière affectant leurs terres.

Ce violent conflit, qui a été décrit comme le ‘Tiananmen amazonien’, a été déclenché le 5 juin dernier à Bagua, au nord du Pérou, par l’attaque des forces de police contre une manifestation indigène pacifique. La violence qui a éclaté dans plusieurs endroits de la région, a fait plus de trente morts parmi les policiers et les civils et au moins deux-cents blessés.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : ‘Il est temps que le gouvernement péruvien prenne toutes les mesures nécessaires pour satisfaire aux légitimes revendications des Indiens et garantir une fois pour toutes leurs droits territoriaux’.

Pour plus d’informations
Sophie Baillon  00 33 (0)1 42 41 44 10
[email protected]