Alliance du gouvernement et des exploitants forestiers contre les Indiens

Malgré ses promesses, le gouvernement péruvien n'a toujours pas expulsé les exploitants forestiers du territoire d'Indiens non-contactés dans le sud-est du pays. Au contraire, le département des ressources naturelles vient de leur accorder une nouvelle concession qui favorisera la déforestation de la région.

Les Indiens non-contactés appartiennent aux groupes yora, mashco-piro et amahuaca. Ils vivent dans une région isolée de l'Amazonie, aux sources de quatre rivières et s'y déplacent en petits groupes nomades. Leurs ancêtres étaient des survivants du boom du caoutchouc qui ensanglanta la région il y a une centaine d'années : des dizaines de milliers d'Indiens succombèrent aux maladies, aux mauvais traitements, à la torture et aux tueries de masse perpétrées par les étrangers qui envahissaient la région pour y faire fortune.

Les Yora, quant à eux, ont encore récemment souffert du contact avec les étrangers qui convoitaient leurs ressources : dans les années 1980 lorsque la compagnie Shell recherchait du pétrole dans la région, la moitié environ d'une communauté fut emportée par les épidémies transmises par les colons qui avaient suivi les employés du pétrole.

Selon le droit international, le gouvernement péruvien est tenu de reconnaître la propriété des terres de ces Indiens isolés. Il doit annuler toutes les autorisations d'exploitation dans la région et expulser, comme il l'a promis, les compagnies déjà en activité. Dans le cas contraire, il sera responsable d'une nouvelle tragédie.