Deux Indiens yukpa tués

Femme yukpa et son enfant, Sirapta, Sierra de Perijá.
Femme yukpa et son enfant, Sirapta, Sierra de Perijá.
© Fiona Watson/Survival

Le leader indien yukpa, Sabino Romero, a été arrêté suite à la mort de deux Yukpa lors d’un conflit qui a eu lieu en octobre dans les montagnes de la Sierra de Perijá, à l’ouest du Venezuela. L’incident a éclaté après que trois communautés yukpa ont obtenu des titres de propriété controversés.

Il est probable que des éleveurs aient soudoyé des Indiens yukpa pour qu’ils produisent de faux témoignages contre Sabino et son gendre prouvant qu’ils avaient volé du bétail. Le leader Sabino est engagé dans la défense des droits territoriaux yukpa, ce que les éleveurs ne tolèrent pas. La semaine qui a précédé l’assaut mortel, il avait reçu des menaces de mort.

Sabino, qui est actuellement détenu par l’armée, a été blessé balle. Il a été interrogé sans l’assistance d’un avocat ou d’un interprète. Il est encore en garde à vue, accusé de meurtre et de vol de bétail. Il est persuadé que ‘ce problème est lié à la démarcation de leur territoire… les fermiers veulent s’en accaparer’.

Les mêmes accusations pèsent sur Alexander Fernández, un allié de Sabino d’une communauté yukpa voisine.

Sabino Romero conteste le projet de démarcation du gouvernement, qui vise au morcellement de leur terre, et exige la reconnaissance du droit des Yukpa à un territoire unique et continu.

Des ONG locales estiment que cet incident relève d’une manœuvre des autorités gouvernementales destinée à provoquer des conflits internes entre les communautés yukpa pour affaiblir leur campagne de défense des droits territoriaux.

Lusbi Portillo de l’ONG Homo et Natura a déclaré que cet événement est le résultat d’un ‘complot entre les propriétaires terriens, les fermiers et les autorités gouvernementales qui veulent fragmenter le territoire yukpa pour faciliter son occupation et ouvrir la voie à une future exploitation de charbon’.

Portillo est actuellement en fuite suite à la rumeur circulant qu’une prime est offerte pour son arrestation ainsi que pour les deux fils de Sabino.

Lors d’une réunion qu’ils ont organisée le mois dernier, les leaders indigènes de la Sierra de Perijá ont appelé à la libération de Sabino Romero et ont demandé que les militants qui luttent pour leurs terres ancestrales ne soient pas traités comme des criminels.