Australie : nouvel espoir pour les Aborigènes

Les Aborigènes alyawarr ont abandonné leur campement en Australie centrale pour fonder une nouvelle communauté à Honeymoon Bore.

Banjo Morton, qui a mené la réinstallation de sa communauté, a expliqué qu’ils étaient traités comme des parias et qu’ils n’avaient jamais été impliqués dans les décisions qui les concernaient, en particulier depuis la mise en place, en 2007, de la ‘politique d’intervention’ destinée à réduire la maltraitance et l’alcoolisme dans certaines communautés aborigènes.

Cette politique avait été mise en place par le précédent gouvernement en réaction à un rapport faisant état d’abus sexuels répandus sur les enfants des communautés aborigènes. La réponse du gouvernement fut d’envoyer la police et l’armée dans les communautés reculées et d’instaurer des mesures particulières de prohibition de l’alcool et de la pornographie.

Les leaders des communautés furent dessaisis de leur pouvoir et il n’y eut pratiquement jamais de consultation ou d’implication des Aborigènes dans les affaires les concernant. La politique d’intervention a été fortement contestée par les communautés reculées et qualifiée de discriminatoire par les Nations Unies.

Honeymoon Bore se situant en dehors des limites de la région soumise à cette politique d’intervention, la communauté peut donc reprendre le contrôle de son mode de vie et de son avenir. Banjo Morton a déclaré aux journalistes : ‘Nous nous sentons libres et heureux ici, loin des mesures et de l’interférence de cette politique d’intervention’.

Aujourd’hui, environ 70 Aborigènes vivent dans cette nouvelle communauté, dans des tentes ou des abris de fortune. Bien qu’extrêmement précaire, leur nouvelle situation est bien meilleure que celle de leurs anciens campements où régnaient la surpopulation et des conditions sanitaires déplorables et où ils n’avaient aucun pouvoir décisionnaire sur les questions qui les concernaient.

Richard Downs, un autre leader alyawarr, a émis le vœu de voir grandir sa communauté et d’instaurer une véritable ‘utopie’ aborigène : ‘Notre objectif est de montrer que les Aborigènes sont capables de rompre le cycle de dépendance, de dépression, de suicide et d’abus de drogues’.

La campagne de Survival ‘Le progrès peut tuer’ met en lumière les effets dévastateurs de la perte de la terre et de l’imposition d’un mode de vie aux communautés indigènes qui conduisent généralement à la dépendance, à la dépression, au suicide et à l’abus de drogues.

Les efforts entrepris par les communautés comme Honeymoon Bore pour reprendre le contrôle de leur vie, de leurs terres et de leur mode de vie, représentent une lueur d’espoir pour les peuples indigènes du monde entier.