Un rapport des Nations Unies recommande l'arrêt de la prospection pétrolière sur les terres indigènes

Un Mastanahua récemment contacté, Pérou. Certains Mastanahua nont encore aucun aucun contact avec le monde extérieur.
Un Mastanahua récemment contacté, Pérou. Certains Mastanahua nont encore aucun aucun contact avec le monde extérieur.
© David Hill/Survival

Un rapport publié par une institution spécialisée des Nations Unies exhorte le gouvernement péruvien à suspendre l’exploitation des ressources naturelles sur les territoires indigènes tant que leurs habitants n’auront pas exprimé leur plein consentement.

Cette recommandation pressante du Comité d’experts de l’Organisation internationale du Travail (OIT) signifie clairement qu’aucune exploitation pétrolière ou gazière ne doit être entreprise sur des territoires habités par des tribus isolées.

Le rapport de l’OIT a été publié peu de temps avant que la compagnie franco-britannique Perenco ait révélé son projet de construire un pipeline en plein cœur du territoire d’Indiens isolés et au moment même où le groupe pétrolier espagnol Repsol-YPF attend le feu vert du gouvernement péruvien pour commencer ses tests sismiques dans la même région. Si Perenco nie la présence d’Indiens isolés, Repsol reconnaît que leur existence est ‘probable’.

L’exemple des Indiens cacataibo est qualifié par l’OIT d’‘emblématique’ de l’attitude du gouvernement péruvien envers les peuples indigènes. Ce dernier a en effet signé avec la compagnie pétrolière canadienne Petrolifera un contrat de prospection sur un territoire où vivent un nombre inconnu de Cacataibo sans contact avec le monde extérieur.

L’OIT ‘encourage le gouvernement péruvien à suspendre toute prospection ou exploitation des ressources naturelles affectant les peuples indigènes protégés par… la Convention [ 169 ] jusqu’à ce que la participation et la consultation des peuples concernés soient garanties’, a déclaré le Comité d’experts.

La Convention 169 de l’OIT est le seul instrument international concernant les droits des peuples indigènes. Le Pérou l’a ratifiée en 1994, mais ne l’a jamais vraiment appliquée.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré : ‘Ce rapport est un revers extrêmement embarrassant pour le gouvernement péruvien. Il doit tenir compte des recommandations de l’OIT et cesser de céder les terres indigènes aux multinationales sans le consentement des principaux intéressés – en particulier lorsque ces terres sont habitées par des Indiens isolés’.