La Nouvelle-Zélande appuie enfin la Déclaration des droits des peuples autochtones

La Nouvelle-Zélande a décidé d’appuyer la Déclaration des Nations-Unies sur les droits de peuples autochtones après s’y être opposée durant plus de trois ans. Seuls le Canada et les Etats-Unis ne l’ont toujours pas approuvée.

Le ministre des affaires maori de la Nouvelle-Zélande, Pita Sharples, a annoncé cette décision historique au cours d’une conférence de presse organisée en marge de la neuvième session de l’Instance permanente sur les questions autochtones, qui se tient à New York du 19 au 30 avril.

Un parlementaire maori a déclaré aux journalistes : ‘Notre pays reconnaît les droits des femmes, les droits de travailleurs, les droits des chiens, c’est bien qu’il reconnaisse enfin les droits des peuples indigènes’.

Les Maori sont le peuple indigène de Nouvelle Zélande et, à l’instar de nombreux autres peuples indigènes du monde, leur niveau de vie est de loin inférieur à celui de leurs co-citoyens non indigènes. L’espérance de vie des Maori est de 9 à 10 ans inférieure à celle de leurs voisins non-Maori et tandis que le taux de cancer diminue chez les Néo-Zélandais, il progresse de manière inquiétante au sein de la population maori.

Le soutien de la Nouvelle-Zélande à la Déclaration n’est toutefois pas inconditionnel. Le Premier ministre a clairement établi que la Déclaration est un document ‘aspirationnel’ qui ne sera appliqué que ‘dans le cadre légal et constitutionnel actuel de la Nouvelle-Zélande’.

La Déclaration des Nations-Unies sur les droits de peuples autochtones réconnaît les droits des peuples indigènes et tribaux à déterminer leur propre avenir, à conserver leur propre identité et à être consultés sur tous projets qui peuvent les affecter.

La plupart des pays ont approuvé la Déclaration lorsqu’elle a été votée en 2007. Seuls le Canada, les Etats-Unis, l’Australie et la Nouvelle Zélande s’y étaient opposés. Toutefois, l’Australie est revenue sur sa décision l’an dernier et à l’ouverture, cette année, de la session parlementaire, le gouverneur général du Canada a annoncé son intention de soutenir la Déclaration dans le futur. L’administration du président Obama est actuellement en train de reconsidérer la position des Etats-Unis.

Bien que cette Déclaration soit une importante avancée dans le processus de reconnaissance des droits des peuples indigènes, elle n’est pas dotée d’effet contraignant. Survival mène campagne pour que tous les pays ratifient la seule législation contraignante relative aux droits des peuples indigènes, la Convention 169 de l’Organisation internationale du Travail qui, à ce jour, n’a été adoptée que par 20 pays.