Survival demande la rétractation des accusations portées contre elle par le constructeur d’un barrage controversé

Mursi et Kwegu, Vallée inférieure de lOmo, Ethiopie.
Mursi et Kwegu, Vallée inférieure de lOmo, Ethiopie.

© Survival

L’entreprise italienne Salini Costruttori qui construit un barrage controversé sur la rivière de l’Omo en Ethiopie est en proie à une nouvelle polémique suscitée par les allégations qu’elle a portées contre Survival International.

Salini accuse Survival d’avoir insinué que le réservoir du barrage serait 15 fois plus important que sa taille actuelle. N’ayant jamais prétendu cela, la demande que nous lui avons faite de justifier ou de retirer cette accusation est jusqu’à présent restée sans réponse.

Le barrage, nommé Gibe III, menace les conditions de vie de 200 000 autochtones dont les moyens de subsistance dépendent étroitement de la rivière et de sa crue annuelle.

Dans un communiqué de presse, Salini prétend que Gibe III sera bénéfique aux peuples de la vallée de l’Omo. Une coalition d’experts, des organisations internationales et de nombreux anthropologues soutiennent le contraire.

Salini a commencé la construction du barrage Gibe III en décembre 2006, sans avoir consulté les communautés locales qui ne savent pratiquement rien de ses conséquences dévastatrices sur la rivière et ses crues dont ils dépendent.

Le gouvernement éthiopien a fait en sorte de rendre presque impossible toute consultation des populations affectées et a démantelé 41 associations communautaires de la région.

Outre la production d’électricité destinée à l’exportation, le barrage Gibe III permettra d’irriguer de vastes étendues de terre. Le gouvernement a commencé à céder des milliers d’hectares de terres cultivables à des compagnies étrangères et à des gouvernements, dépossédant les peuples indigènes de la région qui perdent ainsi leurs meilleurs pâturages.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Les peuples de la vallée inférieure de l’Omo vont être complètement anéantis par un barrage à propos duquel ils n’ont jamais été consultés. Comment Salini peut-elle mener un projet aussi dévastateur qui viole les droits fondamentaux de peuples aussi vulnérables ?’

Plus d’informations sur le démenti de Survival à l’accusation portée par Salini (en anglais).