Plusieurs dizaines de blessés suite à un raid policier sur l'île de Pâques

Femme rapa nui blessée par une balle en caoutchouc
Femme rapa nui blessée par une balle en caoutchouc
© DC RapaNui

25 personnes au moins ont été blessées au cours d’un affrontement avec la police venue expulser les occupants d’un immeuble à Rapa Nui, plus connue sous le nom de l’île de Pâques.

Depuis août dernier, des membres du peuple rapa nui occupent un certain nombre de bâtiments sur un territoire qu’ils revendiquent comme leur appartenant légalement.

Un site internet de soutien aux Rapa Nui affirme que la police a fait usage de gaz lacrymogènes et a tiré des balles en caoutchouc à courte portée au cours du conflit qui a eu lieu vendredi dernier.

Selon la BBC, les autorités affirment que 17 officiers de police et 8 civils ont été blessés au cours de cet affrontement. Des témoins contestent le nombre de civils blessés qu’ils estiment à 19 et démentent que des policiers ont été blessés.

Santi Hitorangi, un journaliste rapa nui qui a assisté à l’assaut, a déclaré : ‘Ce qui arrivé… c’est leur volonté d’empêcher toute tentative des Rapa Nui de réaffirmer leurs droits territoriaux. Tout ce que nous demandons c’est un titre de propriété sur cette terre qui est une légitime revendication. Nous ne demandons rien d’autre au gouvernement’.

Les Rapa Nui sont un peuple indigène polynésien qui a toujours vécu sur l’île de Pâques, célèbre pour ses ‘moai’, de grandes statues faciales. L’île a été annexée en 1888 par le Chili malgré sa situation géographique – elle est éloignée de plus de 3 000 km de la côte sud-américaine.

La croissance du tourisme et l’avancée du front pionnier sur l’île soumettent à une pression croissante ses premiers habitants qui s’opposent énergiquement à la privatisation de leurs terres ancestrales. Ils revendiquent le droit à une plus grande autonomie, souhaitant s’affranchir d’une partie de l’autorité centrale chilienne.

Le président du Parlement Rapa Nui, Leviante Araki, a déclaré à une station de radio chilienne : ‘Nous sommes prêts à mourir, nous n’accepterons jamais qu’ils s’emparent de notre territoire. Nous ne partirons jamais’.

Le ministre de l’Intérieur chilien a exprimé pour sa part son espoir qu’un accord soit trouvé, mais a confirmé que les autorités continueront à expulser les occupants illégaux. ‘Dans notre pays, personne ne peut vivre hors-la-loi’, a-t-il déclaré.