Répercussions dramatiques sur les Indiens d'Amazonie brésilienne

UNE PRISE D'OTAGE DE MISSIONNAIRES CATHOLIQUES PAR DES COLONS A DE VIOLENTES REPERCUSSIONS SUR LES INDIENS D'AMAZONIE BRESILIENNE

Le 6 janvier dernier, un groupe d'environ deux cents colons brésiliens envahissait le poste missionnaire catholique de Surumu situé dans le territoire indigène de Raposa Serra do Sol (État du Roraima) prenant trois missionnaires en otage. La télévision locale les a montrés mains liés, forcés de se tenir debout pendant des heures en plein soleil. La mission qui comprend un hôpital et une école destinés aux Indiens a été entièrement saccagée. Toutes les routes menant à la région ont été bloquées par les colons et la police tente de négocier avec eux la libération des missionnaires originaires du Brésil, de Colombie et d'Espagne. Les colons et leurs sympathisants manifestent également à Boa Vista, la capitale de l'Etat.

Les Makuxi et leurs voisins luttent depuis plusieurs décennies pour obtenir
la ‘ratification' du territoire indigène de Raposa Serra do Sol. Bien qu'il ait été cartographié et démarqué, il ne manque que la signature présidentielle, promise depuis 1998, pour finaliser le processus. Le ministre brésilien de la Justice avait pourtant annoncé le 23 décembre dernier que le président procèderait à la ratification du territoire et en expulserait les 7 000 occupants non-Indiens qui sont pour la plupart des riziculteurs, des fermiers et des éleveurs.

Un porte-parole du Conseil Indigène du Roraima a déclaré hier que ‘la ratification de Raposa Serra do Sol est symptomatique de l'attitude du gouvernement Lula vis-à-vis des Indiens. S'il agit maintenant, ils considéreront cela comme la marque de son engagement envers la reconnaissance de leurs droits'.

Malgré ses promesses manifestes de respecter les droits des Indiens du Brésil, au terme d'un an de pouvoir, le gouvernement du Président Luiz Inácio Lula da Silva n'a pu empêcher un regain de violence à l'encontre des Indiens, n'a toujours pas restitué leurs terres, a accru la militarisation des territoires indigènes et a remis en question le budget de santé alloué aux Indiens.

Dans le même temps, au début de la dernière année de la décennie consacrée par les Nations unies aux peuples indigènes, le gouvernement du Royaume-Uni décide de suspendre son aide financière destinée à la protection de la forêt amazonienne et de ses peuples indigènes.

Stephen Corry, directeur général de Survival International, a déclaré : ‘Tous les espoirs des Indiens du Brésil ont été anéantis en 2003. Afin déviter une recrudescence de violence, Lula doit prendre toutes les mesures nécessaires à la reconnaissance de leurs droits territoriaux en commençantpar la ratification de Raposa Serra do Sol .'


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