Les Indiens agissent contre les bûcherons en Amazonie

Les poteries trouvées dans la réserve des Indiens isconahua constituent la preuve formelle de leur existence.
Les poteries trouvées dans la réserve des Indiens isconahua constituent la preuve formelle de leur existence.
© Pepe Villacorta / ProNaturaleza

Devant l’inertie gouvernementale, les Indiens péruviens ont été contraints d’installer un poste de contrôle pour protéger une réserve d’Indiens isolés.

La réserve Isconahua située à la frontière du Pérou et du Brésil avait été créée avec le concours de l’AIDESEP, l’organisation nationale des Indiens d’Amazonie péruvienne, dans le but de protéger les Indiens isconahua isolés qui y vivent.

Malgré les nombreuses alertes lancées aux autorités par les Indiens et restées sans réponse, cette réserve est aujourd’hui envahie par les bûcherons illégaux. Les organisations indigènes locales ORAU et FECONAU se sont donc unies pour installer un poste de protection de la réserve.

L’exploitation forestière illégale est endémique au Pérou et menace la survie d’une quinzaine de groupes d’Indiens isolés. Les survols aériens de cette région amazonienne ont révélé la présence de nombreux campements illégaux de bûcherons qui forcent les Indiens à fuir vers d’autres territoires.

Survival International a réuni près de 100 000 signatures sur une pétition appelant le président Alan Garcia à mettre fin à la déforestation illégale et à protéger les terres indiennes.

L’organisation ORAU a récemment publié une déclaration exhortant le département des Affaires indigènes du gouvernement péruvien (INDEPA) à coopérer avec elle pour protéger les réserves indiennes.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ’Qu’il revienne désormais aux organisations indigènes de prendre elles-mêmes en charge la protection des territoires des Indiens isolés est une sévère critique portée au gouvernement dont l’inertie en la matière pourrait s’avérer dévastatrice. Ne rien faire et ignorer le problème semble être la stratégie adoptée par le gouvernement péruvien’.