Des Indiens vénézuéliens dénoncent les exactions commises par les militaires et les orpailleurs clandestins

Des orpailleurs clandestins travaillent illégalement sur le territoire des Yanomami, Brésil, 2003.

Des orpailleurs clandestins travaillent illégalement sur le territoire des Yanomami, Brésil, 2003.

© Colin Jones/Survival

Des Indiens d’Amazonie vénézuélienne ont dénoncé l’inertie de l’armée face à l’orpaillage clandestin et l’exploitation diamantifère illégale sur leurs terres. L’armée est accusée de créer un ‘climat de terreur et de peur’ et de ‘brimer et humilier’ la population indigène.

Certains officiers sont personnellement impliqués dans le commerce illégal de l’or, contrôlant l’accès aux mines clandestines et louant des équipements aux orpailleurs.

Les Indiens ont rapporté qu’un officier avait incendié les maisons de plusieurs Indiens qui avaient critiqué l’armée.

Kuyajani, l’organisation des Indiens yek’uana et sanema qui vivent le long de la rivière Caura en Amazonie, a déposé une plainte auprès du procureur de la République pour dénoncer l’inertie de l’armée face à l’exploitation minière illégale endémique.

Selon cette organisation, l’exploitation minière a ruiné la santé des Indiens. La rivière Caura est contaminée par le mercure qui se retrouve dans la chaîne alimentaire et dans l’eau qu’ils consomment. En 2013, des chercheurs ont constaté que 92% des femmes indiennes de la région de la rivière Caura avaient un taux de mercure supérieur à la limite admise au niveau international et qu’un tiers d’entre elles couraient le risque élevé de mettre au monde des enfants atteints de troubles neurologiques.

L’exploitation minière illégale connaît une croissance considérable depuis 2006 et l’an dernier, le gouvernement a annoncé qu’il envisageait d’ouvrir de grandes étendues de terres à l’exploitation minière, y compris en territoire indigène. Les campements miniers ont exposé les jeunes indiens à l’alcoolisme, à la drogue et à la prostitution.

Bien que la Constitution vénézuélienne garantisse les droits territoriaux des peuples indigènes, très peu sont ceux qui ont obtenu un titre collectif sur leur territoire.