Trois Bushmen dont un enfant blessés par les tirs de la police

La démocratie en péril

Trois Bushmen, dont un enfant, viennent d'être blessés par les tirs de la police botswanaise,  au cours d'offensives destinées à terroriser les communautés qui survivent dans la Réserve du Kalahari afin de les forcer à quitter définitivement les lieux.

Kekailwe, 7 ans, a été atteint à l'estomac durant l'arrestation de son père qui refusait de laisser la police pénétrer dans sa hutte sans mandat de perquisition. Au cours d'un autre incident, Kesodilo Ntwayamoga, qui se tenait de dos les mains à l'air, a reçu une balle dans chaque jambe. Des témoins ont confirmé que la police tentait de lui faire avouer qu'il chassait.

Dans un troisième incident, le 24 septembre, Mokgakalaga Gaoberekwe a été blessé à la mâchoire alors qu'il tentait, avec d'autres Bushmen, de rentrer dans la Réserve pour apporter de l'eau et de la nourriture à leurs familles. Grièvement blessé, il est toujours à l'hôpital.

Le groupe de Bushmen, dont plusieurs enfants et bébés, a été pris pour cible par des policiers et des soldats lourdement armés, sous le commandement de Sydney Pilane, l'avocat du gouvernement dans le procès qu'intentent les Bushmen pour leurs droits territoriaux. La police a utilisé des gaz lacrymogènes et ouvert le feu sur les Bushmen désarmés. Plusieurs d'entre eux ont été brutalisés et emprisonnés durant plusieurs jours. Parmi eux se trouvait Roy Sesana, le lauréat du prix Nobel alternatif 2005, qui ne savait pas encore que son organisation et lui-même venaient de recevoir cette distinction. Les Bushmen ont été inculpés de ‘regroupement illégal'.

La police tente d'empêcher les Bushmen de retourner dans leur Réserve. Ceux qui s'y trouvent encore ne sont pas autorisés à chasser et à cueillir, sont privés d'eau, leurs réserves ayant été détruites, et sont maintenant menacés de famine après que le gouvernement ait prétendu que leurs chèvres étaient atteintes de maladies contagieuses (ce que des experts internationaux ont démenti). Des fonctionnaires ont confisqué leur troupeau au début de la semaine.

Hier, un petit groupe de Bushmen, ayant réussi à échapper à la surveillance des policiers qui encerclaient leurs maisons, est apparu après trois jours de marche à travers le désert. L'un d'eux, Kangotla Kanyo, a déclaré : ‘Nous sommes sortis de la Réserve pour dire au monde que nous souffrons de faim et de soif. La police occupe notre campement et nous ne sommes pas autorisés à chasser ou à cueillir pour nous nourrir. Un policier appelé Dibuile nous a dit : "Le gouvernement se moque que vous mouriez. Il est temps de vous montrer que vous ne valez rien". Il a dit que si nous souffrions de la faim et de la soif nous quitterions la Réserve.'

En 2002, les fonctionnaires avaient fait savoir aux Bushmen qu'ils devaient quitter leur territoire parce que des gisements de diamants y avaient été découverts. Toutes les mines de diamants du Botswana sont exploitées par De Beers, qui détient des concessions sur un important gisement dans la Réserve.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : ‘Le président Mogae a jeté un voile sur le grand désert du Kalahari pour que ses sbires puissent s'attaquer aux Bushmen en toute discrétion. Mais ce voile n'a pas pu étouffer les tirs qui ont fait couler le sang d'un enfant et de deux hommes désarmés coupables de vouloir vivre en paix sur leur terre ancestrale. Ces violences – ordonnées par un homme de loi – ont tué toute prétention de démocratie au Botswana. Tous ceux qui se préoccupent du sort des Bushmen devraient marquer leur désaccord avec ce régime en boycottant le tourisme au Botswana et les diamants De Beers produits avec le sang des Bushmen'.

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Magali Rubino
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