Tanzanie : Les Massaï dénoncent la complicité de l’UNESCO dans leur expulsion au nom de la “conservation”

22 Avril 2026

© MISA
Des Massaï ont manifesté dans l’une des principales destinations touristiques de la Tanzanie pour protester contre leur expulsion au nom de la conservation de la nature.

Huit experts de l’ONU affirment que « les efforts de conservation ne doivent pas se faire au détriment des droits humains ».

Des Massaï ont manifesté dans l'une des principales destinations touristiques de la Tanzanie pour protester contre leur expulsion au nom de la protection de la nature.

Les manifestations organisées à l'occasion de la Journée du patrimoine mondial visent à mettre en lumière la complicité de l'UNESCO dans la persécution de longue date menée par le gouvernement tanzanien à l'encontre du peuple massaï, qui vit depuis des générations dans la zone de conservation du Ngorongoro, un site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Les Massaï sont chassés de leurs terres ancestrales au nom de la conservation de la nature. Les autorités tanzaniennes ont procédé à des arrestations arbitraires, passé à tabac et torturé des habitants, mais aussi suspendu les services de santé afin de forcer les familles à partir. Deux commissions mises en place par la présidente tanzanienne viennent de donner leur feu vert permettant de poursuivre et d'étendre les expulsions. Ces commissions ont aussi invoqué le statut de site de l'UNESCO conféré au Ngorongoro pour les justifier.

Juste avant les manifestations, huit experts des Nations unies ont publié une déclaration appelant les autorités à rendre publiques les conclusions des commissions. Ils ont également déclaré : « En 1951, les Massaï se sont vu assurer de pouvoir continuer à résider dans la zone de conservation du Ngorongoro s'ils cédaient des terres pour que soit établi le parc national du Serengeti. Ces engagements historiques envers les peuples autochtones doivent être honorés et leurs droits humains pleinement respectés. »

La Maasai International Solidarity Alliance a déclaré dans un communiqué : « Le statut de patrimoine mondial est utilisé contre nous, sans nous. Nous ne sommes considérés ni comme les titulaires légitimes ni comme les titulaires principaux des droits sur le Ngorongoro. À leurs yeux, le Ngorongoro appartient aux touristes, aux conservationnistes et au monde entier. »

« Nous appelons l'#UNESCO, l'#UICN et le Comité du patrimoine mondial […] à affirmer clairement et publiquement que les droits des peuples autochtones doivent être respectés, à insister sur le fait que les différentes communautés autochtones du Ngorongoro sont les gardiens légitimes et les titulaires de droits sur ces terres, et à exiger la fin du programme dit de “réinstallation volontaire”. »

Caroline Pearce, directrice internationale de Survival International, a déclaré : « L'UNESCO est le partenaire caché du gouvernement tanzanien dans les expulsions illégales des peuples autochtones du Ngorongoro de leur propre territoire ancestral. Pendant des décennies, le Comité du patrimoine mondial a présenté les Massaï comme une menace pour l'environnement, affirmant qu'ils sont trop nombreux et que leur bétail pratique le surpâturage, ce qui confère une apparence de légitimité à ces expulsions. Même aujourd'hui, il continue de qualifier de “réinstallations volontaires” ce programme de dépossession violente. »

« Alors que les propres experts de l'ONU condamnent désormais ces expulsions, combien de temps encore l'UNESCO continuera-t-elle à les soutenir ? »

Massaï

Peuple

Partager