Nations Unies : blocage de la Déclaration des droits des peuples indigènes

Un groupe d’Etats africains mené par la Namibie et soutenu par le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Russie a fait obstruction à l’adoption définitive de la Déclaration des droits des peuples indigènes par l’Assemblée générale des Nations Unies.

La Déclaration est le fruit de 24 ans de négociations au sein des Nations Unies. Au cours de sa première session, en juin dernier, le Conseil des droits de l’Homme récemment créé avait recommandé à l’Assemblée générale d’adopter le texte.

Cette semaine, 87 Etats ont voté en faveur d’une « résolution de motion non active » présentée par la Namibie ; 67 pays ont voté contre et 25 se sont abstenus. Ce vote repousse l’adoption de la Déclaration et risque d’en affaiblir la portée.

Le Botswana fait partie des Etats-membres ayant bloqué la Déclaration. Les Bushmen gana et gwi ont attaqué le gouvernement botswanais en justice pour avoir été expulsés de leur territoire ancestral. Le jugement doit être rendu le 13 décembre.

Stephen Corry, directeur de Survival, a déclaré aujourd’hui : « Il est extrêmement décevant de constater qu’une fois de plus, l’adoption de la Déclaration a été ajournée. Les peuples indigènes attendent depuis déjà trop longtemps que leurs droits soient reconnus. Les pays qui s’y sont opposés ont tous sur leur territoire des peuples indigènes qui luttent pour leurs droits à la terre et à l’autodétermination. Ils devraient en avoir honte ».  

Si elle est approuvée, la Déclaration deviendra l’instrument de référence qui permettra d'évaluer l'attitude des Etats envers les peuples indigènes mais elle ne sera pas légalement contraignante. Elle vise à aider les peuples autochtones à vaincre la discrimination et la marginalisation dont ils sont victimes à travers le monde.  Elle proclame leur droit de disposer de véritables moyens de contrôle sur leur propre existence, de préserver leurs spécificités et identité culturelles pour les générations futures, et d'avoir un accès protégé aux terres et aux ressources naturelles qui sont essentielles à leur mode de vie. Elle stipule, par exemple, qu'ils ne peuvent pas être expulsés de leur territoire sans leur consentement libre et informé.


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