Les Indiens d'Amérique du Sud appellent au "respect" des groupes isolés

La fédération indigène de défense des Indiens isolés du continent sud-américain a demandé au gouvernement péruvien de respecter les droits et la vie des Indiens isolés qui vivent dans les zones reculées de la forêt tropicale péruvienne.

Cet appel, émis par le Comité indigène international pour la protection des Indiens isolés et récemment contactés d’Amazonie, du Chaco et du Paraguay oriental (CIPIACI), a été lancé après la publication par les médias du monde entier de photos spectaculaires d'Indiens isolés prises au Brésil, près de la frontière péruvienne. On estime que d'autres groupes de la région sont menacés par les déplacements d'Indiens isolés fuyant l'exploitation forestière illégale du Pérou vers le Brésil.

"Le mouvement des Indiens isolés vers le Brésil semble être la conséquence de l'agression et des menaces permanentes qu'ils subissent sur leurs territoires au Pérou" constate la CIPIACI dans son rapport. "Ces déplacements sont effectivement en augmentation depuis quelques années à cause de l'invasion de leurs territoires, en particulier par les bûcherons ou les missionnaires qui les poursuivent pour établir un contact avec eux et les évangéliser".

"Nous demandons au gouvernement péruvien de prendre ses responsabilités et de garantir le respect des droits des Indiens isolés en reconnaissant légalement leur territoire ancestral, en expulsant et en sanctionnant les étrangers qui envahissent leurs terres et en prenant des mesures concrètes pour garantir leur intégrité physique, sociale et culturelle".

On estime que 15 groupes distincts d’Indiens isolés vivent au Pérou, tous menacés par la déforestation et l’exploitation de gaz et de pétrole. N’étant pas immunisés contre les maladies allogènes, ils sont particulièrement vulnérables à toute forme de contact, même bref.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : "Si le gouvernement péruvien n'agit pas immédiatement, les Indiens isolés du Pérou pourraient être les premiers peuples du XXIe siècle à disparaître. Il doit mettre un terme définitif à l'exploitation forestière sur leurs territoires".

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