Le gouvernement botswanais renouvelle les hostilités envers les Bushmen

Femme bushman, Réserve du Kalahari, Botswana, 2004.
Femme bushman, Réserve du Kalahari, Botswana, 2004.
© Survival International

Le gouvernement botswanais a envoyé hier des policiers et des gardes forestiers dans la Réserve du Kalahari central (CKGR) pour confisquer les troupeaux de chèvres des Bushmen qui étaient retournés sur leurs terres ancestrales.

Les troupeaux qui leur avaient été confisqués en 2002, lors de leur expulsion illégale, ne leur ont été restitués que très récemment.

L’avocat général avait garanti aux Bushmen qu’ils pourraient rapatrier leurs troupeaux de chèvres dans la réserve, les vétérinaires ayant assuré que les animaux étaient en bonne santé.

Mais les fonctionnaires du ministère de l’Environnement, de la Faune, de la Flore et du Tourisme ont décidé de s’attaquer aux petits troupeaux des Bushmen, apparemment préoccupés par l’image qu’ils veulent promouvoir de la réserve. Le gouvernement y encourage la construction d’infrastructures touristiques, à proximité de la communauté bushman de Molapo– cette même communauté qui est actuellement la cible du gouvernement.

Les chèvres constituent la principale ressource alimentaire des Bushmen, particulièrement durant la saison sèche. Cette ressource est d’autant plus indispensable que le gouvernement a condamné leur unique puits d’eau.

Jumanda Gakelebone, porte-parole de l’organisation First People of the Kalahari, a déclaré aujourd’hui : « Nous, les Bushmen de la CKGR, pensions que le litige avec le gouvernement allait se résoudre. L’attitude du ministère du Tourisme démontre qu’il n’y a pas de négociation possible. Nous, les Bushmen, faisons appel à la nation botswanaise et déclarons le début des hostilités entre les Bushmen de la CKGR et le gouvernement. Depuis deux ans, nous essayons vainement de discuter avec lui, c’est pourquoi, nous relançons notre campagne. »

Stephen Corry, directeur de Survival International, a également déclaré aujourd’hui : « Cela fait maintenant deux ans que les Bushmen essaient de négocier avec le gouvernement pour faire valoir leurs droits. Sa seule réponse a été d’envoyer des véhicules policiers pour confisquer les troupeaux qu’ils viennent de récupérer. Il est difficile de croire à quel point le gouvernement agit avec mesquinerie et tyrannie envers les Bushmen. Il devrait maintenant se rendre compte qu’ils ne se laisseront pas intimider aussi facilement ».

Pour plus d’informations (en anglais) :
Jumanda Gakelebone (FPK)
(+267) 7190 9972

Ou :
Sophie Baillon
00 33 (0)1 42 41 44 10
[email protected]