Bushmen : modification de la Constitution du Botswana

Le gouvernement du Botswana tente de porter une loi au Parlement qui supprimerait la clause de la Constitution protégeant les droits des Bushmen. Cette démarche intervient au cours de l'action en justice qu'ont intenté les Bushmen du Kalahari contre le gouvernement et dans laquelle la clause en question représente un argument majeur pour leur défense.

Cette clause n'avait jamais été évoquée devant une Cour avant l'actuel procès des Bushmen contre le gouvernement et il y a aujourd'hui de grands risques pour qu'elle soit supprimée de la Constitution. L'amendement supprimant la protection des Bushmen est examiné en seconde lecture au Parlement cette semaine. Si le texte est voté en troisième lecture, la loi pourrait prendre effet dans quelques mois.

La clause s14(3)© garantit que la liberté de circulation du grand public peut être restreinte dans des ‘territoires définis' si cela s'avère nécessaire à la protection ou au bien-être des Bushmen. Ce qui signifie que les terres ancestrales des Bushmen gana et gwi dans la Réserve du Kalahari central sont protégées.

L'organisation bushman ‘First People of the Kalahari' a déclaré vendredi dernier : ‘Comment le gouvernement ose penser qu'il peut modifier la Constitution alors que notre procès est actuellement en cours ? Cette clause a été inscrite dans la Constitution pour nous protéger. Aujourd'hui, nous essayons pour la première fois de nous appuyer sur cette clause. Est-ce une simple coïncidence si le gouvernement a, depuis, décidé de la supprimer ?'

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd'hui : ‘Le gouvernement affirme vouloir changer la Constitution afin de la rendre ‘ethniquement neutre'. En fait, supprimer cette clause revient à retirer la seule protection constitutionnelle accordée à un peuple déjà très vulnérable au moment où il en a le plus besoin. Le fait que le gouvernement puisse agir avant que la Cour n'ait rendu son verdict est tout simplement scandaleux. La position de la Cour sur l'objet et les effets de la section 14(3)© de la Constitution aurait pu aider le Parlement à décider s'il était ou non nécessaire de la supprimer. Tout cela confirme la tendance qu'a le gouvernement à faire plier la loi et même la Constitution pour arriver à ses fins'.

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