Trois ans après l'expulsion, les persécutions s'intensifient

A la veille du troisième anniversaire de l'expulsion des Bushmen gana et gwi
de leur terre située dans la Réserve du Kalahari central, six chasseurs ont
été lourdement sanctionnés pour avoir voulu nourrir leurs familles.

Les six Bushmen ont été condamnés à une amende de 1000 pula (170 euros), ou à la prison s'ils ne s'en acquittaient pas. Ils ont tous payé l'amende qui
représente une somme considérable pour eux. Arrêtés pour avoir chassé
l'antilope gemsock en juillet 2004, ils ont été détenus pendant 15 jours sans jugement. Sept autres chasseurs bushmen ont également été appréhendés et attendent leur jugement.

En novembre dernier, le président du Botswana, Festus Mogae avait affirmé à
des parlementaires britanniques, alors en tournée au Botswana, que les
Bushmen étaient librement autorisés à chasser dans la Réserve. Son
gouvernement y avait pourtant prohibé toute chasse et cueillette, rendant
impraticable le mode de vie des Bushmen. Les récentes condamnations mettent en évidence la volonté du Botswana de ne pas ternir son image internationale en laissant supposer qu'il respecte les droits des Bushmen, alors que la réalité est tout autre. Nombreux sont les Bushmen qui, ces dernières années, ont été arrêtés et torturés pour avoir chassé dans la Réserve, où ils vivent depuis des milliers d'années.

Stephen Corry, directeur de Survival a déclaré aujourd'hui : ‘Ces dernières
arrestations montrent que les persécutions à l'encontre des Bushmen à
l'intérieur et à l'extérieur de la Réserve continuent. Malgré les déclarations du président Mogae, il est clair que le gouvernement est déterminé à anéantir le mode de vie des Bushmen fondé sur la chasse. Ce qui est à la fois tragique et scandaleux : l'alcoolisme, la prostitution et le sida sont les seules alternatives que celui-ci leur propose
'.

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