Des policiers assassins d’un leader indépendantiste papou sont félicités

Yali, Papouasie
Yali, Papouasie
© William Milliken/Survival

Cinquante policiers indonésiens ont reçu une mention spéciale de la direction générale de la police nationale pour avoir assassiné, le mois dernier, le leader indépendantiste papou Kelly Kwalik.

La police indonésienne a tiré sur Kelly Kwalik le 16 décembre dernier et il est mort d’une blessure à la cuisse peu de temps après. Les circonstances exactes de son décès demeurent indéterminées.

L’armée et la police indonésiennes se sont illustrées dans une longue histoire d’exécutions extra-judiciaires, d’arrestations et de tortures de personnes soupçonnées de soutenir le mouvement indépendantiste papou.

Bien qu’ayant autrefois été impliqué dans les activités de rebellion du Mouvement de la Papouasie libre (OPM), Kwalik avait renoncé depuis plusieurs années à la violence et s’était engagé à lutter pacifiquement pour l’indépendance. Quelques semaines avant sa mort, il avait rencontré, à leur demande, de hauts responsables de la sécurité indonésienne. De nombreux Papous soupçonnent qu’il ait été attiré dans un piège.

La police a justifié cet assassinat en prétendant que Kwalik avait été impliqué en 2002 dans l’embuscade d’un convoi d’autocars où trois enseignants ont été tués près de la mine Grasberg, un complexe géant nord-américain d’exploitation d’or et de cuivre. La police a également dit qu’elle le soupçonnait d’être responsable de plusieurs attaques dans la région de la mine qui avaient fait huit morts l’an dernier. Toutefois, aussi bien lors des événements de 2002 que lors des plus récents, la police a écarté l’hypothèse de la participation de l’OPM.

Survival appelle le gouvernement indonésien à enquêter de manière approfondie sur les circonstances de la mort de Kwalik et de veiller à ce que les membres des forces de sécurité qui commettent des actes de violence contre le peuple papou soient traduits en justice.