Campagne de terreur à l’encontre d’éleveurs mbororo

Les Mbororo, des éleveurs de bovins de la Province du Nord-Ouest au Cameroun sont confrontés à une campagne de terreur menée par un individu sans scrupules utilisant l'nfrastructure et les fonctionnaires du gouvernement pour les dominer et les spolier de leurs terres à pâture.

Quatre Mbororo sont actuellement incarcérés et attendent leur jugement qui doit être rendu par un tribunal militaire demain, le 9 janvier. Le président de l'association du développement culturel et social mbororo (MBOSCUDA) est également emprisonné. Un autre homme se remet d'une agression presque mortelle. Ces violations ne sont que les derniers épisodes d'une longue série de persécutions, rapts, arrestations arbitraires et assassinats.

Le responsable de ces exactions est Alhadji Baba Ahmadou Danpullo, propriétaire terrien multimillionnaire et homme d'affaires international avec des intérêts en Afrique du Sud, en Europe et aux Etats-Unis. Il est par ailleurs un membre important du parti camerounais au pouvoir. Devenu le plus grand propriétaire terrien après le gouvernement dans la province du Nord-Ouest, il persécute les Mbororo depuis 16 ans. L'un des hommes emprisonnés, Ousman Haman a été arrêté alors qu'il était en train de filmer le vol d'une terre à pâture et un témoin a déclaré qu'il a été emmené dans l'une des fermes de Alhadji Baba où il a été fouetté devant lui.

Un membre du MBOSCUDA a rapporté : 'Il s'est approprié les terres à pâture des Mbororo, il s'est emparé du bétail, des moutons, des chèvres et des chevaux… Il a kidnappé des jeunes filles, les a contraintes à se marier avec lui. Il a utilisé les gendarmes pour arrêter et torturer les Mbororo qui montraient de la résistance envers lui.'

Un autre leader mbororo a déclaré : 'Tout cela est illégal et l'administration locale le couvre. Il use de l'argent sale pour corrompre les gens qui font ce qu'il veut. Il a juré qu'il nous exterminerait tous.'

Le principal parti d'opposition camerounais a déposé une motion condamnant ce 'citoyen intouchable', mais le gouvernement n'a pris aucune mesure.

Survival a vigoureusement protesté auprès du président Biya.