Les Etats-Unis critiquent l’attitude du gouvernement botswanais à l'égard des Bushmen

Femme bushman et son enfant, Kaudwane, Botswana.
Femme bushman et son enfant, Kaudwane, Botswana.
© Alexandra Bagge/Survival

Le dernier rapport sur les droits humains publié par le département d’Etat des Etats-Unis critique le gouvernement botswanais pour son ‘interprétation restreinte’ du verdict de la Haute Cour rendu en 2006 confirmant le droit des Bushmen à retourner sur leurs terres ancestrales.

Le rapport établit que bien que le verdict ait reconnu le droit constitutionnel des Bushmen à vivre sur leurs terres dans la Réserve du Kalahari central, la plupart d’entre eux ‘ne sont pas autorisés à y retourner ou à y chasser’. Il indique que de nombreux Bushmen ne sont pas retournés sur leur terre car le ‘manque d’accès à l’eau a rendu [la réserve] extrêmement inhospitalière’.

Depuis le verdict, le gouvernement a condamné l’accès à un puits que les Bushmen utilisaient avant d’être illégalement expulsés de la réserve. Sans celui-ci, ils doivent lutter quotidiennement pour s’approvisionner en eau afin de survivre dans le désert. Tandis que les Bushmen sont privés d’eau, le gouvernement aménage de nouveaux puits destinés à la faune sauvage et autorise la compagnie Wilderness Safaris à ouvrir un lodge touristique avec piscine au cœur de la réserve.

Le rapport a été publié quelques semaines après que le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les peuples indigènes, James Anaya, ait condamné le gouvernement botswanais pour son attitude envers les Bushmen, arguant que ‘le déni de services basiques à ceux qui vivent actuellement dans la réserve ne semble pas être conforme à l’esprit et à la logique de la décision [de la Haute Cour en 2006] ni aux normes internationales des droits de l’homme’.

Suite à sa visite de l’an dernier au Botswana, James Anaya a dénoncé le fait que les Bushmen qui sont retournés dans la réserve ‘sont confrontés à des conditions de vie déplorables et dangereuses en raison de leur manque d’accès à l’eau’ et a appelé le gouvernement à réouvrir le puits de façon urgente.

L’Union européenne est l’un des principaux bailleurs de fonds du Botswana et la question a récemment été soulevée au Parlement européen par les députés irlandais Brian Crowley et Proinsias De Rossa.

Les Bushmen ont intenté de nouvelles procédures judiciaires contre le gouvernement afin de retrouver leur accès au puits; l’audience est prévue le 9 juin prochain.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Il s’agit de la deuxième rude épreuve pour le gouvernement botswanais en deux mois. Comment peut-il se targuer d’être un ‘génie’ de la démocratie alors qu’il continue de persécuter les Bushmen?’