Les lauréats du ‘Prix Nobel Alternatif’ interpellent le président du Botswana au sujet des Bushmen

Xoroxloo Duxee est morte de déshydratation suite au démantèlement du puits des Bushmen.
Xoroxloo Duxee est morte de déshydratation suite au démantèlement du puits des Bushmen.
© Survival

Plus de 30 lauréats du ‘Right Livelihood Award’, connu comme le ‘Prix Nobel alternatif’, ont adressé une lettre ouverte au président Khama du Botswana l’exhortant à autoriser les Bushmen à accéder à l’eau.

Cet appel intervient au moment où des experts internationaux arrivent à Stockholm pour la Semaine mondiale de l’eau et peu de temps avant la Conférence du Right Livelihood Award qui aura lieu à Bonn du 14 au 19 septembre ; il fait suite à la reconnaissance, par les Nations-Unies en juillet dernier, de l’eau comme un droit humain fondamental.

Dénonçant l’attitude ‘inexcusable’ du gouvernement, la lettre des lauréats exhorte celui-ci ‘à rendre aux Bushmen leur accès à l’eau sur leurs propres terres et travailler avec eux à l’élaboration d’un avenir viable pour tous’.
Les lauréats expriment leur préoccupation quant au bien-être des Bushmen de la Réserve du Kalahari central au Botswana qui se sont vu interdire l’accès à un puits, leur unique source d’eau. ‘Sans accès à l’eau, un droit humain fondamental’, dit la lettre ‘ils doivent lutter pour maintenir leur mode de vie sur leurs terres ancestrales’.

En 2002, les Bushmen ont été chassés de leurs terres par le gouvernement botswanais et parqués dans des camps de relocalisation en dehors de la réserve. Avec l’aide de Survival, ils ont intenté un procès au gouvernement et, quatre ans plus tard, ont remporté une victoire historique quand la Haute Cour a reconnu leur droit de vivre dans la réserve. En 2005, l’organisation des Bushmen First People of the Kalahari a reçu le ‘Prix Nobel alternatif’ pour son combat en vue de la reconnaissance de leurs droits.

En dépit du jugement, le gouvernement refuse d’autoriser les Bushmen à utiliser un puits, lequel a été scellé et recouvert au cours des expulsions de 2002, les obligeant à de pénibles trajets pour chercher de l’eau à l’extérieur de la réserve. Pendant ce temps, le gouvernement fait forer de nouveaux puits pour la faune sauvage et a autorisé la compagnie Wilderness Safaris à construire un luxueux lodge touristique avec piscine dans le territoire bushman. Il est aussi sur le point d’autoriser une exploitation diamantifère au cœur de l’une des communautés bushmen, pour laquelle de nouveaux puits seront forés à la condition que la mine ne fournisse pas d’eau aux Bushmen.

En juillet, un juge de la Haute Cour a rejeté la demande des Bushmen d’être autorisés à utiliser le puits, exprimant son accord avec l’argument du gouvernement selon lequel ils ‘se sont exposés eux-mêmes à la gêne qu’ils doivent supporter’.

Jumanda Gakelebone, porte-parole bushman, a déclaré : ‘Nous sommes reconnaissants à tous les lauréats de nous aider. Khama devrait savoir que beaucoup de défenseurs des droits de l’homme veillent dans le monde entier’.

Lettre adressée au président Khama :

Nous, soussignés, lauréats du ‘Prix Nobel alternatif’, sommes très préoccupés par la situation de nos amis et co-lauréats, les Bushmen de la Réserve du Kalahari central. Sans accès à l’eau, un droit humain fondamental, ils doivent lutter pour maintenir leur mode de vie sur leurs terres ancestrales.

Tout ce que les Bushmen veulent, c’est de pouvoir utiliser un puits dont ils se servaient avant d’être illégalement expulsés de leurs terres. Le leur refuser est inexcusable.

Nous vous exhortons à rendre aux Bushmen leur accès à l’eau sur leurs propres terres et travailler avec eux à l’élaboration d’un avenir viable pour tous. Roy Sesana l’a dit : ‘Nous ne sommes pas ici pour nous-mêmes. Nous sommes tous ici pour les uns et les autres et pour les enfants de nos petits-enfants’.

Ibrahim Abouleish (Egypt)
Marcos Aran, International Baby Food Action Network (Mexico)
András Biró/Hungarian Foundation for Self-Reliance (Hungary)
Carmel Budiardjo (UK)
Tony Clarke (Canada)
Erik Dammann/The Future in Our Hands (Norway)
Hans-Peter Duerr (Germany)
Samuel Epstein (USA)
Anwar Fazal (Malaysia)
Festival Internacional de Poesía de Medellín (Colombia)
Johan Galtung (Norway)
Wes Jackson/The Land Institute (USA)
Katarina Kruhonja (Croatia)
Ida Kuklina/The Committee of Soldiers’ Mothers of Russia (Russia)
Manfred Max-Neef (Chile)
Pat Mooney (Canada)
Alice Tepper Marlin (USA)
Movement for the Survival of the Ogoni People (Nigeria)
Nicanor Perlas (Philippines)
Raúl Montenegro (Argentina)
Juan Pablo Orrego/ Grupo de Acción por el Biobío (Chile)
Kerala Sastra Sahitya Parishad (India)
Right Livelihood Award Foundation (Sweden)
Mycle Schneider (France)
Suciwati, wife of late Munir (Indonesia)
Hannumappa Sudarshan, VGKK (India)
Vesna Terselic (Croatia)
Trident Ploughshares (UK)
John F. Charlewood Turner (UK)
Judit Vásárhelyi, on behalf of Duna Kör (Hungary)
Alla Yaroshinskaya (Russia)

Télécharger la lettre en anglais