Le sida monte en flèche en Papouasie occidentale

Un homme korowai cuit du sagou, Papouasie occidentale
Un homme korowai cuit du sagou, Papouasie occidentale
© Survival International

Les chiffres officiels publiés ce mois-ci montrent que le nombre de personnes porteuses du VIH/SIDA a augmenté en Papouasie occidentale de plus de 30% en seulement quatre mois, atteignant aujourd’hui plus de 17 000 individus. Cependant, les médecins et les autres personnes travaillant dans la région contestent ce chiffre, l’estimant bien plus élevé. Le taux d’infection par le VIH en Papouasie occidentale est 15 fois supérieur à la moyenne nationale indonésienne.

La Commission de prévention du sida de Papouasie (KPA) a révélé que la zone présentant la plus forte augmentation et le plus important taux global d’infection est Mimika, la zone qui abrite la mine de cuivre et d’or du géant Grasberg. La mine américano-britannique, qui a détruit la terre des Amungme et des Kamoro, provoque un afflux d’étrangers incluant des prostituées.

Certains Papous pensent que l’armée fait délibérément venir dans les zones tribales des prostituées infectées par le virus. Les soldats sont en effet connus pour offrir de l’alcool et des prostituées aux leaders indigènes afin d’accéder à leurs terres et aux ressources qui s’y trouvent.

De nombreux Papous évitent de demander de l’aide parce qu’ils n’ont pas confiance dans les services médicaux indonésiens, estimant que les autorités ont délibérément introduit le virus sur leurs terres. De plus, les attitudes racistes envers les Papous sont monnaie courante, une raison supplémentaire pour eux d’éviter les dispensaires gérés par le gouvernement.

Pour plus d’informations, reportez-vous à notre campagne Le Progrès peut tuer un rapport sur l’impact dévastateur du développement imposé aux peuples indigènes.