'Bière et sida' : la BBC ne rencontre que le désespoir dans un camp de relocalisation des Bushmen

Une femme bushman dans une allée de New Xade, le camp de relocalisation dans lequel de nombreux Bushmen ont été déplacés au cours des dix dernières années.

Une femme bushman dans une allée de New Xade, le camp de relocalisation dans lequel de nombreux Bushmen ont été déplacés au cours des dix dernières années.
© Dominick Tyler/Survival

Un reportage de la BBC dénonce le désespoir des Bushmen du Botswana qui vivent dans des conditions dégradantes plus d’une décennie après avoir été expulsés de leurs terres ancestrales dans la Réserve du Kalahari central (CKGR).

La correspondante de la BBC, Pumza Fihlani, s’est rendue à New Xade, un camp de relocalisation des Bushmen situé dans le centre du Botswana, où sont entassés de nombreux Bushmen malgré une décision judiciaire de 2006 confirmant leur droit de rentrer chez eux.

Pumza Fihlani rapporte que les Bushmen qu’elle a rencontré se sentent ‘perdus’ et sont ‘traités comme des chiens’ par les forces gouvernementales qui ont rendu impossible leur retour dans la réserve du Kalahari.

Autrefois nomades, ces chasseurs-cueilleurs ont été contraints à une vie sédentaire jusqu’alors inconnue d’eux. En conséquence, alcoolisme et sida sont devenus monnaie courante dans les camps de relocalisation.

Les Bushmen ont été expulsés de leurs terres par le gouvernement en trois vagues successives en 1997, 2002 et 2005.

En 2006, les Bushmen ont remporté une victoire judiciaire historique qui reconnaissait leur droit de retourner dans la réserve.

Cependant, pareillement à la loi des laissez-passer qui séparaient les familles noires sous le régime de l’apartheid en Afrique du Sud, les Bushmen sont désormais obligés de solliciter un permis d’un mois pour entrer dans la réserve. Les enfants visitant leurs parents dans la réserve sont menacés de poursuites et d’emprisonnement s’ils dépassent la validité de leur permis.

Goiotseone Lobelo, une femme bushman, a déclaré à la BBC : ‘Mon pays me manque ainsi que la façon dont nous vivions. La vie y était facile, il y avait beaucoup de fruits, d’animaux, et il n’y avait ni bars ni bière. Maintenant, nous sommes perdus’.

‘Nous sommes désormais atteints par le sida et d’autres maladies que nous ne connaissions pas, les jeunes boivent de l’alcool, les jeunes filles ont des enfants très tôt. Tout est mal ici’, a ajouté sa sœur Boitumelo.

Roy Sesana, leader bushman qui a été à l’avant-garde de la campagne pour les droits des Bushmen, a déclaré à Pumza Fihlani : ‘Ce qui nous inquiète, c’est qu’à l’avenir il n’y aura plus un seul Bushman en mesure de pratiquer notre culture, en dehors de s’exhiber devant des touristes pour des compagnies qui nous utilisent pour leur business’.

Survival International appelle à un boycott international du tourisme au Botswana jusqu’à ce que le gouvernement autorise les Bushmen à rentrer chez eux et qu’il garantisse leurs droits constitutionnels et internationalement reconnus.

Rejoignez le boycott ici