Des journalistes britanniques pressent les médias de renoncer aux termes ‘âge de pierre’ et ‘primitif’ pour qualifier les peuples indigènes

Des journalistes britanniques pressent  les médias de renoncer aux termes ‘âge de pierre' et ‘primitif' pour qualifier les peuples indigènes

Dans une lettre publiée par le Financial Times, des journalistes dont John Simpson, le chef des affaires internationales à la BBC, et John Pilger ont encouragé leurs confrères à bannir de leur vocabulaire les expressions telles que ‘primitifs' vivant à ‘l'âge de pierre' pour décrire les peuples indigènes contemporains.

‘En dehors d'être implicitement péjoratifs, ces termes sont dangereux parce que généralement utilisés pour justifier la persécution des peuples indigènes' écrivent-ils. ‘Des gouvernements comme ceux d'Indonésie ou du Botswana prétendent qu'imposer le développement aux peuples indigènes est pour leur bien et que cela les aidera à ‘rattraper' le monde ‘civilisé'. Les résultats sont presque toujours catastrophiques pour les populations concernées.'

Cette lettre a été publiée après que de nombreux journaux britanniques aient décrit les Sentinele, qui vivent dans une isolation quasi-complète sur l'île de Nord Sentinele dans l'Océan indien, comme ‘une des tribus les plus primitives au monde', des ‘sauvages' vivant encore à ‘l'âge de pierre'.

Les Sentinele ont récemment fait la une des médias après avoir tué deux hommes qui avaient illégalement pénétré dans leurs eaux. Afin de protéger les ressources convoitées par les braconniers et dont dépendent entièrement la tribu, les lois indiennes interdisent à tout étranger de s'approcher à moins de 5 km de l'île de Nord Sentinele. Ces dernières années, plusieurs Sentinele ont été tués par des envahisseurs, ce qui a amené leurs compagnons à considérer comme hostile la venue de tout étranger.

Les journalistes Christopher Booker, Sandy Gall et George Monbiot sont également signataires de la lettre.

Stephen Corry, directeur de Survival international, a déclaré aujourd'hui : ‘Les journalistes du monde entier doivent comprendre que l'usage de tels termes n'est pas seulement inapproprié mais surtout extrêmement préjudiciable aux peuples indigènes. En les employant, ils confortent des préjugés qui contribuent directement à leur perte. Nous nous réjouissons que des journalistes aussi reconnus soutiennent cette cause et nous espérons que de nombreux autres membres de la profession leur emboîteront le pas'.

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