Les autorités reconnaissent l’illégalité du barrage de la Narmada

Un directeur de l'agence gouvernementale chargée du barrage controversé de Sardar Sarovar Narmada a reconnu que la construction de ce barrage haut de 121,9 mètres avait provoqué la submersion illégale de maisons et de fermes.

Parmi les milliers de victimes se trouve le peuple bhil.

Le gouvernement ne peut légalement autoriser la submersion de maisons et de fermes pour la construction d'un barrage sans proposer de véritables solutions de relogement. De nombreuses familles déplacées n'ont retrouvé ni maison ni terre.

Shri Afroz Ahmad, de l'autorité de contrôle du Narmada, a également annoncé que le projet de rehaussement du barrage serait suspendu, de nombreuses familles n’ayant pas été relogées. Le mois dernier, plus de 500 manifestants, dont des autochtones, des fermiers et des pêcheurs, se sont rassemblés pour exiger l'abaissement immédiat de la hauteur du barrage à 110m.

Soutenus par l'organisation Narmada Bachao Andolan (NBA), les milliers de riverains déplacés se sont opposés pendant plus de 20 ans à la construction du barrage de la Narmada. Chaque année, pendant la mousson, lorsque les villages sont inondés, les tribus indigènes, d'autres familles déplacées et leurs sympathisants se laissent submerger jusqu’au cou afin de protester contre le barrage et l'incapacité du gouvernement à les reloger. Ils ont juré de périr noyés plutôt que de partir.

Survival se félicite que l’illégalité de la construction du barrage ait été officiellement reconnue et appelle à la diminution de sa hauteur. Survival demande également à ce que de nouvelles terres soient octroyées aux tribus qui ont déjà été inondées.