Les peuples indigènes condamnent le gouvernement britannique

Les peuples indigènes du monde entier ont pris pour cible le gouvernement
britannique qui fait barrage à l'élaboration de la déclaration des droits des peuples indigènes des Nations Unies. La position du Royaume Uni qui nie
la notion de droits collectifs pourrait porter un grave préjudice à la
reconnaissance internationale des droits des peuples indigènes.
 
Cette année marque la fin de la décennie, décrétée par les Nations Unies,
durant laquelle devait se concrétiser la déclaration des droits des peuples
indigènes avec la contribution de plusieurs centaines de représentants
indigènes. Ce texte devrait être l'instrument international le plus important concernant les peuples indigènes.
 
La reconnaissance des droits collectifs est vitale pour les peuples indigènes, en particulier le droit à la possession collective de leurs terres. Les compagnies minières et autres multinationales commencent à admettre que les peuples indigènes ont des droits sur leurs propres terres et que toute exploitation doit recevoir leur consentement libre et informé – mais pour qu'un tel consentement soit représentatif, il ne peut être que collectif.
 
Dalee Sambo Dorough, une porte-parole inuit, a déclaré : ‘La position du
Royaume Uni qui prétend que nos droits collectifs ne sont pas des droits de
l'homme est absurde. Est-ce comme celà que Tony Blair veut diffuser « les
valeurs de liberté, de démocratie, du respect de la loi et de la justice
pour les opprimés ? »  De telles contradictions proférées par le
gouvernement britannique ne devraient pas être tolérées par ses citoyens.
Elles ne le seront pas par les peuples indigènes
.'
 
Azelene, une indienne kaingang du Brésil, a ajouté : ‘ Je me souviens de la
première réunion à laquelle j'ai participé aux Nations unies. Nous étions là
pour défendre nos droits collectifs. Un diplomate britannique m'a surprise
par la froideur avec laquelle il évoquait les peuples indigènes. Il m'a
regardée et m'a dit : « Je ne peux pas reconnaître les droits collectifs que
vous revendiquez. Je ne vois pas en quoi vous êtes différents : nous sommes
tous égaux ». Je lui ai donc parlé en kaingang, la langue de mon peuple. Il
n'y avait pas d'interprète et lorsque je lui ai demandé s'il avait compris,
il m'a répondu non. Je l'ai alors regardé à nouveau et lui ai dit : «
Voilà
pourquoi je suis différente, car seul mon peuple parle cette langue »
.

Une délégation de représentants indigènes viendra au Royaume Uni les 24 et
25 novembre pour protester contre la position du gouvernement britannique.
Ils seront disponibles pour des entretiens.

Pour plus d'information, contacter :
Magali Rubino :  01 42 41 44 10 ou [email protected]