Channel 7 demande une révision judiciaire de sa condamnation pour ‘racisme’

Paul Raffaele a déclaré qu'une jeune fille suruwaha avait refusé de lui serrer la main car elle voulait le tuer. En réalité, il avait tellement de crème solaire que les Suruwaha pensaient qu'il avait une maladie de peau.

Paul Raffaele a déclaré qu’une jeune fille suruwaha avait refusé de lui serrer la main car elle voulait le tuer. En réalité, il avait tellement de crème solaire que les Suruwaha pensaient qu’il avait une maladie de peau.
© Channel 7

La chaîne australienne Channel 7 comparaîtra devant le tribunal demain, 11 octobre, pour demander le réexamen de la décision rendue par l’ACMA, l’autorité de régulation de l’audiovisuel en Australie.

L’ACMA avait établi que la chaîne avait enfreint la ‘clause anti-raciste’ du code audiovisuel en diffusant un reportage tendancieux sur une tribu brésilienne que Survival International avait qualifié de ‘Freakshow TV’ (zoo humain télévisé).

Le reportage montrait les Indiens suruwaha du Brésil comme des tueurs d’enfants, des reliques de ‘l’âge de pierre… responsables des pires violations de droits de l’homme au monde’.

Survival avait porté plainte auprès de l’ACMA suite au refus de Channel 7 de modifier le reportage.

Curieusement, Channel 7 ne cherche pas à casser le jugement sur le fond, elle demande plutôt que le tribunal reconnaisse que toutes les affirmations que comporte le reportage, telles que : ‘Ces tribus perdues encouragent le meurtre d’enfants handicapés’ soient considérées comme non fondées sur des faits réels.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Channel 7 demande au tribunal australien de rejeter les conclusions de l’autorité de régulation en prétendant que les téléspectateurs n’étaient pas obligés de prendre son ‘reportage d’actualité’ au premier degré ! Qu’il soit justifié ou non de diffuser de telles mystifications en les faisant sciemment passer pour des faits réels, son mépris à l’égard des Suruwaha dépasse le stade de la plaisanterie et devrait être banni’.

Le reportage présente les Suruwaha comme les ‘responsables des pires violations des droits de lhomme au monde’.

Le reportage présente les Suruwaha comme les ‘responsables des pires violations des droits de lhomme au monde’.

© Adriana Huber/Survival

Note aux rédactions :

Survival a publié un code de bonne conduite pour inciter les réalisateurs à travailler de manière responsable avec les peuples indigènes. L’organisation mène aussi campagne contre le racisme dans les médias écrits.