Appel à la mobilisation : les Dongria s'opposent fermement à la mine de Vedanta

Le leader dongria Lodu Sikaka a appelé à la fin du harcèlement dont sont victimes les chefs de villages et a juré de défendre Niyamgiri.

Le leader dongria Lodu Sikaka a appelé à la fin du harcèlement dont sont victimes les chefs de villages et a juré de défendre Niyamgiri.
© Survival

En Inde, lors d’une manifestation de protestation, les Dongria Kondh ont fait le serment de défendre leur montagne sacrée de Niyamgiri contre le projet d’une mine à ciel ouvert du géant minier britannique Vedanta Resources. Ils ont appelé à la remise en liberté des chefs de villages qui doivent impérativement être consultés sur le projet minier.

Le leader Lodu Sikaka s’adressant à des milliers de Dongria Kondh déterminés à sauver leurs collines a déclaré : ‘Nous n’allons pas laisser Niyamgiri disparaître… Que le gouvernement et la compagnie nous oppriment autant qu’ils veulent. Nous ne quitterons pas Niyamgiri, notre Terre Mère’.

En avril dernier, dans un jugement décisif, la Cour Suprême indienne avait rejeté l’appel de Vedanta pour obtenir l’autorisation d’exploiter les collines de Niyamgiri et avait ordonné la consultation préalable de ceux qui allaient être affectés par la mine.

Mais tandis que plus d’une centaine de villages seront affectés par la mine, seuls douze Conseils de villages (gram sabha) de la région des collines ont été invités à des consultations – un comportement arbitraire condamné par le ministre des Affaires tribales. La décision finale sera de toutes façons rendue par le gouvernement central.

Survival a reçu des informations alarmantes concernant la pression qu’exercent la police et les paramilitaires sur les Dongria, intimidant les habitants des douze villages. Une délégation de Dongria s’est rendue à la capitale de l’Etat pour porter plainte contre ce harcèlement et pour exiger que 150 villages soient inclus dans les consultations.

Les collines de Niyamgiri sont essentielles au mode de vie et à l’identité des 8 000 Dongria Kondh qui seront probablement anéantis par la mine. Les persécutions à l’égard de leurs leaders et des chefs de villages se sont récemment multipliées et plusieurs d’entre eux ont été arrêtés.

Lodu a continué devant la foule des manifestants : ‘Nous croyons en l’Etat, nous croyons en la démocratie. Qu’ils commencent par libérer tous nos leaders emprisonnés, alors nous prendrons part au gram sabha. Sinon, nous ne participerons pas !’

Les Dongria se sont mobilisés pour manifester leur opposition à une mine à ciel ouvert sur leurs collines de Niyamgiri.

Les Dongria se sont mobilisés pour manifester leur opposition à une mine à ciel ouvert sur leurs collines de Niyamgiri.

© Bikash Khemka/Survival

La lutte des Dongria a été comparée à celle des N’avi du film hollywoodien Avatar et a gagné le soutien de nombreuses célébrités dont Joanna Lumley et Michael Palin. Ce qui a eu pour résultat le retrait de plusieurs actionnaires de Vedanta, dont l’Eglise d’Angleterre et le gouvernement norvégien.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Persécuter les chefs de villages avant de mener les consultations sur un projet minier envahissant auquel ils s’opposent depuis des années, n’est ni juste, ni démocratique. C’est un nouvel exemple de la manière dont les termes ‘droit’ et ‘consentement’ peuvent être manipulés par les gouvernements et les compagnies qui convoitent les terres tribales, quel qu’en soit le coût humain’.

Note aux rédactions :
Lire la lettre du ministre indien des Affaires tribales condamnant le fait que très peu de villages sont impliqués dans les consultations